







Naît à Paris le 5 juillet 1910.
Sculpteur de figures et de luminaires en bronze, Félix Agostini laisse une œuvre singulière, modelée d’un geste direct et peuplée d’oiseaux et de créatures mythologiques. Aujourd’hui, la maison Charles en édite l’œuvre complète en exclusivité, en étroite collaboration avec sa fille, Dominique Kerguenne Agostini.
Le dessin, premier métier
Aîné de trois enfants, Félix Agostini grandit à Paris. Sa mère est d’origine lorraine ; son père, corse, est inspecteur de police. En 1934, à vingt-quatre ans, il entre chez Draeger, à Montrouge, comme dessinateur et retoucheur publicitaire. Il travaille pour Peugeot, Ford, Ducretet-Thomson et le chanteur Andrex, et dessine des imprimés pour Chanel. Dans le même temps, il commence à créer des luminaires.
Douce Lumière, de la boutique au bronze
En 1943, Agostini ouvre Douce Lumière, sa première boutique, rue Boulard. Elle déménage ensuite rue Vercingétorix, puis au 3, rue de Penthièvre, où sont présentées ses premières œuvres en céramique, en bois et en fer forgé. Son activité s’étend des lampadaires et des appliques aux consoles, tables basses, têtes de lit et poignées de porte. Il se tourne progressivement vers le bronze.
À partir de 1955, il modèle directement dans le plâtre les formes de ses luminaires. Après le dessin, il monte une armature de fil de fer, puis façonne le plâtre dans une moitié de ballon d’enfant, à la spatule, au couteau ou à la cuillère. Dominique se souvient d’un geste instinctif, sans retouche : une fois le modèle achevé, son père n’y revenait pas.
Un monde d’oiseaux et d’étoiles
L’amour, les femmes, la nature, les animaux et le ciel nourrissent son imaginaire. La comète de Halley, visible l’année de sa naissance, le fascine. En près de deux cents œuvres, Agostini compose un répertoire de figures et de formes élancées où se mêlent sensualité, rigueur, humour et gravité. Il pouvait dessiner jusqu’à dix nouvelles pièces en une année. D’un seul trait, le croquis prenait forme, accompagné des indications destinées au fondeur, au monteur et à son fidèle photographe, Jacques Delamarre.
En 1968, son lampadaire Échassier rend hommage à Alberto et Diego Giacometti. La dédicace inscrite sous la base témoigne de l’importance de cet hommage dans son œuvre.
Les étés de Mougins
Chaque année, Agostini présente ses créations à la galerie Cusin de Mougins. Dominique se souvient de son père chargeant dans son Oldsmobile toutes les œuvres réalisées au cours de l’année, rangées avec un soin méticuleux pour le voyage.
La musique de Berlioz lui inspire plusieurs sculptures. Agostini choisit d'ailleurs de reposer à Montmartre, dans l’ancien caveau du compositeur. Il meurt à soixante-neuf ans, le 19 février 1980.
Dominique et la maison Charles
Après la mort de son père, Dominique Kerguenne Agostini veille sur son œuvre et en contrôle les apparitions sur le marché. En 2011, Michael Wagner découvre les créations d’Agostini chez des antiquaires et prend contact avec elle. S’ensuivent des échanges et des visites aux ateliers Charles ; en 2013, Dominique confie à la maison Charles l'édition d'une première sélection d’une vingtaine de pièces. Trois ans plus tard, vingt-deux nouveaux bronzes viennent l’enrichir, avec quatre œuvres de Denise Pietra Corbara, compagne et élève du sculpteur. Les créations d’Agostini sont éditées à partir de ses modèles et moules originaux, fidèlement au travail de l’artiste. Chaque pièce est signée et numérotée, et réalisée sur commande ; Dominique dessine les abat-jours.
En 2024, elle confie à la maison Charles les droits exclusifs d’édition de l’œuvre complète de son père. Certaines pièces n’avaient jusque-là été produites qu’en un, deux ou trois exemplaires. Cette nouvelle étape permet à la maison de faire vivre l’ensemble du corpus, dans le respect des modèles originaux et des exigences du bronze d’art.