

Philippe Parent naît en 1950. Sa grand-mère, à laquelle il est très attaché, lui transmet son amour de la musique. À quinze ans, elle l’emmène à la salle Favart pour voir La Tosca de Puccini, avec Tito Gobbi. Il en gardera un souvenir impérissable et un goût éclectique et exigeant, de la musique savante de Benjamin Britten à Pink Floyd en passant par la musique de Broadway, à laquelle il consacrera plus tard une chronique. Le rythme, la composition et l’équilibre des formes nourriront son regard sur l’architecture intérieure et le design.
Diplômé de l’École Boulle en 1969, il part travailler en Suisse l’année suivante. Il y reste six ans, devient styliste pour les boutiques du Casino de Montreux. De retour à Paris, il fréquente assidument les Puces de Saint Ouen, et s’intéresse à la ferronnerie. Il travaille notamment pour Audrey Hepburn et Fiona von Thyssen, puis fonde son agence d’architecture intérieure en 1978.
C’est à la fin des années 1970, sur un salon du luminaire à Villepinte, qu’il rencontre Chrystiane et Laurent Charles. Lors d’une soirée, Chrystiane lui demande d’accompagner Laurent, architecte et dessinateur au trait très construit, pour donner davantage de souplesse à ses compositions. Ils commencent à se retrouver chaque mois autour des croquis de Laurent, que Philippe Parent commente. L’année suivante, ils présentent leurs créations sur un stand commun. Cette rencontre inaugure une collaboration durable et une amitié profonde. Au début des années 1980, la maison Charles affirme aussi son rôle d’éditeur novateur, en faisant dialoguer le dessin des créateurs et le savoir-faire de ses ateliers.
En 2006, Michael Wagner nomme Philippe Parent directeur artistique de la maison. Il dessine une trentaine de modèles, parmi lesquels Meter, Gondor, Falbala, Edfou, Esna, Mandou, Onstage, Pandora et Phalène.
Ses voyages, et l’Inde en particulier, nourrissent son répertoire. Cette passion, partagée avec Chrystiane et Laurent, inspirent plusieurs de ses modèles, comme Sanchi, Rasa and Kuta. Dans ses créations, il fait dialoguer le bronze avec l’albâtre, le marbre ou le bois. La précision du dessin et la justesse des proportions donnent à ses luminaires l’assise d’objets d’architecture.